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âge du béton
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retour à la page d'accueil retour     » voir les vignettes : age du beton     » photo : 17 juin 2013 / n°1 sur 24

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Bon centenaire, Monsieur Niemeyer !
Vous avez presque l’âge du béton armé, et vous avez survécu à ce qui fut son âge d’or.

Plutôt que Nervi, ou Freyssinet, et malgré toute mon admiration pour eux, c’est de vous et de Brasilia que j’ai envie de parler, parlant d’âge d’or du béton.
Un âge d’or, puisque aujourd’hui, le côté énergivore, la pénurie d’agrégats, les tristes pratiques conduisant à la dévalorisation des travailleurs du béton (voir « Chantier interdit au public de N.Jounin, La Découverte,2008) condamnent l’avenir du matériau à plus ou moins long terme.

Je ne remercierai jamais assez Ricardo Caruana de m’avoir traîné, encore tout ébloui et ensommeillé par une nuit de Carnaval , sous les cieux immenses et changeants de Brasilia, en février 1993.
Ce qui frappe encore aujourd’hui, c’est l’énergie et la foi que reflètent l’architecture de Niemeyer : cette splendeur des commencements :
commencement d’une capitale, nouvel élan d’un peuple (cet élan que les Américains s’acharneront à détruire , là comme ailleurs, par l’instauration d’une dictature sanglante : voir « Les veines ouvertes de l’Amérique Latine, de E. Galliano),
mais aussi commencements d’un style, marqué par l'invention de nouvelles colonnes, de nouveaux usages d’un matériau alors à peine cinquantenaire : le béton armé.

Il y a, dans la Fondation Lucio Costa, cette belle photo des ouvriers qui résume tout cela en un seul geste.

Et il y a, dans les piliers dansants du Ministère de la Justice, dans les arcades de celui des Affaires Etrangères, l’empreinte de tout ce bois, comme une nouvelle « Ville Invisible » de Calvino :
Une ville en bois, qui enveloppe comme une mue, comme une chrysalide, avec la même fragilité, la ville papillon.

Une ville disparue, comme ont sans doute disparu dans les tristes favelas alentour les magnifiques ouvriers de Brasilia.

Une ville qui me manque.
La réponse dans la photo du 17 juin 2013 ?