retour à la page d'accueil
âge du fer
film à visionner nuit
pdf à télécharger peinture
retour à la page d'accueil retour     » voir les vignettes : age du fer     » photo : 01 / n°1 sur 31

   +    ++   D
L’âge du fer et de l’acier, coïncidant avec l’application des résultats de la résistance des matériaux, a sonné le glas d’un règne sans partage du bois sur les structures.

Ces débuts, comme tous les débuts, sont une véritable fête, dont le bois fait doublement les frais : par son abandon en tant que matériau structurel, par sa destruction aggravée comme combustible.
C’est l’époque où dans beaucoup de pays, la production d’acier nécessitant beaucoup d’énergie, la déforestation bat son plein : la Sardaigne est ratiboisée, par exemple, à cette époque.

Et une grande quantité de l’acier brésilien, dans ce pays riche en minerai de fer, reste encore produit à l’aide de charbon de bois.(voir photo "Brésil 2010")

Une grande partie des savoir-faire existants en charpente bois se reconvertit alors dans la charpente métallique.
Un exemple éclatant en est donné lors de la construction de la Tour Eiffel :
Au-delà des simples étaiements en bois, qui permettent le levage des quatre piliers d’angle, puis la pose de la poutre du premier étage (plans extraits du très beau recueil de plans publié par Taschen en 2007) , c’est la contribution active de centaines de Compagnons charpentiers qui a permis le levage en temps record, et sans aucun accident, de la Tour. La splendide transparence de la dentelle métallique doit faire songer au rôle à attribuer à chaque matériau.
Au bois le plaisir de la tactilité, la gourmandise de la matière, du grain, à l’acier ce penchant à l’immatériel, qui fait qu’aimant l’air et la lumière qui passent à travers la structure, nous croyons aimer la structure.
(Ce pourquoi je pense qu'une tour en bois, même de 200 m, n'ajouterai rien, ni à l'histoire de l'architecture, ni au prestige du matériau.)

Le Grand Palais participe de la même fête des yeux.
Serra y joue à me contredire, donnant à ces feuilles d’acier tout le poids de matière, le grain et l’envie de toucher absents de la structure.
Au-delà, quelles leçons tirer, pour les structures en bois, de cet âge du fer ?
- La conviction que le bois n’a pas le monopole de l’entretien : 18 mois de travaux de peinture tous les 7 ans !
- La préfabrication, qui a présidé au montage de la Tour, avec des éléments pré-assemblés en atelier, d’une dimension voisine de 4 m, puis levés et rivetés.
- L’abandon d’un certain dogmatisme qui fait rejeter l’ornement comme « crime » (Loos) : ici l’arc « décoratif », les volutes, les frisettes ne rajoutent rien de plus au projet que ce que les bulles rajoutent au Champagne, ce qui n’est pas rien !
- L’idée qu’à chaque matériau correspond un ratio prix du matériau / prix de l’assemblage.
C’est Wolfgang Winter qui aimait à dire que plus que les structures en acier, soudées, les structures rivetées doivent nous inspirer sur comment optimiser le rapport entre longueur des pièces et nombre d’assemblages.

Un ample thème de réflexion…