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autonomie
pdf à télécharger discours de la servitude volontaire
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AUTONOMIE

Regardons un instant cet artisan charpentier, quelque part un peu au nord de Tokyo, pas bien loin donc de Fukushima, en 1998.

Le plan, sur la feuille de contreplaqué, est le seul à sa disposition. Il en est l’auteur.

Tout le reste est convention d’interprétation.

Il ne lui reste plus qu’à mettre de la musique sur cette grille d’accords.

Tout est de son libre choix : sections, type de bois, rond ou carré, revêtement des murs intérieurs, et extérieurs, matériau de couverture...
Son apprentissage, si l’on en croit Fumio Tanaka , un charpentier lui aussi, presque un voisin : « savoir les 200 choses à ne pas faire » : tout le reste est donc possible : une mer des possibles , entourant un archipel de choses à éviter.

Le résultat : toute la conception des détails se tient entre la casquette et l’équerre, sa main et sa tête, et probablement ni dans la tête, ni dans la main, mais plutôt dans l’aller-retour entre elles.

Et il taille…

Pas bien loin donc, les 200 choses à ne pas faire, et plus encore, ont été faites depuis par TEPCO à Fukushima : l’établissement de règles, de normes, de hiérarchies, a figé dans la tête toute possibilité de réagir : cerveaux (et cœurs !) congelés par l’industrie, comme il y eut (et il y a encore hélas !) des pays congelés par la dictature.

En dehors du petit ilot de survie, le fonctionnement «normal », seule existe la mer démontée des procédures impossibles parce qu’inimaginables, celle où l’on va de Charybde en Scilla.
Que ces deux mondes continuent encore à coexister si proches l’un de l’autre est d’une certaine façon encourageant : l’un finira par rencontrer l’autre.

Comment faire reculer celui dont nous ne voulons pas ?

C’est encore Tanaka San qui m’a livré la recette : « Avancer très, très lentement vers eux : ils finissent toujours pas reculer ! »

NB : la présence, en annexe sous pdf, du "Discours de la servitude volontaire" n'est pas un fond de casserole oublié du dernier sujet consacré à Montaigne et à ses poutres....non, cette présence est volontaire.