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pdf à télécharger Denis Diderot, ami des sciences et de la liberté
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300 années aujourd’hui, Denis ! Félicitations !

Et trois bonnes raisons au moins, de parler de lui ici, cher lecteur :

La première : ces planches (53 !) qui parlent de charpente, et comment !

La deuxième, pour saluer en lui un transmetteur, qui sait inventer un nouveau moyen de transmission , et comment le rendre fécond : l’Encyclopédie:
"Cet ouvrage produira sûrement avec le temps une révolution dans les esprits, et j'espère que les tyrans, les oppresseurs, les fanatiques et les intolérants n'y gagneront pas"

La troisième, qui a à voir avec ce qui court, sous-jacent, ici : cette confraternité entre êtres vivants, (sur fond d’athéisme: autant le dire !), sans laquelle les arbres et le bois nous laisseraient de marbre.
Fils d’un artisan coutelier, Diderot rassemble dans l’Encyclopédie une réflexion sur la société et la religion, et une somme d’informations sur tous les métiers artisanaux, à la veille de la Révolution Industrielle qui allait les balayer un à un.
Première, et ultime tentative pour mettre sur un même plan savoir philosophique et savoir technique, comme le souligne Dominique Lecourt dans « Diderot, passions, sexe, raison »(p.u.f., 2013) :
« L’Encyclopédie de Diderot donne effectivement un exemple unique d’une grande littérature technique intégrée dans la culture générale »
Le soin apporté aux planches et leur nombre, montrent assez l’attention et le respect portés à tous les métiers. Ces planches, qui ont fixé l’apogée de ces savoirs artisanaux, risquent-elles de nous être utiles le jour où nous serons forcés de revenir à des modes de production moins dispendieux en énergie ? C’est ce que souhaite explicitement Diderot : « …afin que les travaux des siècles passés n’aient pas été des travaux inutiles pour les siècles qui succèderont »

Il est un autre enseignement de cette Encyclopédie : c’est le rôle attribué aux renvois : citons encore D.Lecourt :
« Sommes-nous pour autant voués au décousu, à l’épars, au disparate… ? Non, car s’il n’y a pas de déduction linéaire possible, il y a la possibilité pour notre point de vue humain de faire transparaître l’unité de l’œuvre… Et comment ? Essentiellement en multipliant les renvois, « les uns des choses et les autres des mots »….les renvois, c’est « l’art de déduire tacitement les conséquences les plus fortes » »
Diderot inventeur avec « Jacques le Fataliste » du roman « ouvert » (si vous ne l’avez pas encore lu, courez l’acheter, ou écoutez le ici : Jacques le Fataliste , est aussi, avec le système des renvois, un inventeur de l’hypertexte, comme moyen de réaliser des synthèses.
Un mode de présenter les choses, de « suppléer au silence de la nature par une analogie, par une conjecture… et ce sera rêver ingénieusement, grandement si l’on veut, mais ce sera rêver. »
Le « renvoi », le « lien », pour parler comme aujourd’hui, c’est le moyen de créer une creux, un vide, voire une chute à chaque pas : de quoi tomber, ou se perdre, mais aussi de quoi transformer cette énergie potentielle de la chute en énergie cinétique, mettre en mouvement la pensée.
Les « Eléments de physiologie » sont l’occasion pour lui , cherchant une définition de la vie, de, comme le rappelle encore D.Lecourt : scruter la transition entre les animaux et les végétaux Comme il mêlait dans l’Encyclopédie savoir technique et spéculation philosophique, il mêle ici physiologie et psychologie, ouvrant la voie à la biologie moderne.

Merci, Denis Diderot ! Que ce site te soit dédié ! Et pardonne-moi d’avoir rajouté une note « Diderot » à ma petite encyclopédie, en t’empruntant et la forme, et le fond….