retour à la page d'accueil
éphémère
son à télécharger Calvino,Sophronia
retour à la page d'accueil retour     » voir les vignettes : ephemere     » photo : ephemere 1 / n°1 sur 2

   +    ++   D
Beauté de l’éphémère

Non, il ne s’agit pas ici de l'insecte même s'il ne manque pas de beauté.
Ce qui douloureusement manque à l’architecture, et que la musique possède, c’est la beauté de ce qui disparaît déjà.

Cette crispation sur le dur désir de durer, de survivre aux hommes, se manifeste soit par l’emploi de matériaux inaltérables, ne sachant donc pas vieillir
soit par l’usage de produits donnant à grand coût jeunesse éternelle,

Ce qui manque à la ruine même, c’est la disparition.

Ce qui fait l’achèvement de l’art de l’illusionniste, c’est d’organiser, de donner à voir sa disparition : lire "Diabelli" (Hermann Burger, Ed. de l'Aire, 1979) .

Laisser seulement trace dans les mémoires, puis les laisser vacantes : du grand art.
Ainsi fut par exemple le Crystal Palace

Réaliser ceci, c’est se donner une chance de rejoindre ce qu’il y a de plus précieux dans nos vies, et qui seulement fut.
Quelle beauté sans menace, sans fragilité ,sans futur antérieur : « cela aura été » ?

Bref, l’éphémère est une valeur en soi.

Je tiens de Jacky Besson, directeur du Cirque Besson, rencontré en 1983, cette première leçon d'architecture :

« Ce rond que nous dessinons, balayant une fois dressé le chapiteau, la poussière de la place qui nous accueille, ce rond survit encore un jour à notre passage, comme une faible trace dans les mémoires, puis disparaît. »

Merci Jacky, et que la terre te soit légère !

27 mai 2013 : j'ajoute ici : Miyoko Shida comme pur mélange de la solidité de l'âme, et de la fragilité de la structure.

5 septembre 2014 : romain Gary me souffle :
"“J’ai toujours été torturé par le goût de l’éphémère. D’un éphémère saisi, perpétué, sauvé… Je ne serais pas devenu un écrivain si je n’étais habité par un ange-démon qui me pousse à me pencher sur tout ce que guette déjà le temps avec des yeux d’oubli…”