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Géorgiques
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C’est un retour en train, au pays de Claude Simon, à travers les campagnes du Languedoc : Une occasion d’interroger les liens entre notre rapport au bois comme matériau, et celui à nos (presque toujours) origines paysannes, proches ou lointaines.

Moissons, vendanges, fenaisons, semailles, labours, taille, traite, tonte ….

Selon que notre rapport à la terre nourricière sera proche ou plus lointain, ces noms éveilleront en nous, la peine et le plaisir mêlés, la nostalgie et l’émerveillement, ou simplement indifférence ou stupeur...
Et différent sera notre rapport au bois:

L’un verra dans une forêt une terre perdue pour les cultures, se défiera du bois pour bâtir sa maison, mais sait de chaque arbre comment et quand l’abattre, et ce qu’on peut en faire : barrique, charrette, sabot, fourche ou panier.

L’autre s’émerveille des forêts, s’indigne qu’on les coupe, mais sait admirer sur la grange délaissée la patine du temps, quitte à la flanquer d’une piscine au bleu obscène.

Le dernier enfin ne sait pas d’où viennent lait, œufs ou céréales, n’a jamais vu vache ni hache, moissonneuse ni tronçonneuse, mais dans une école en bois apprend que son avenir est menacé, par le comportement avide de ses prédécesseurs.

« Qui, dans la société moderne, peut avoir assez de liberté pour connaître le monde? Des hommes existent qui ne savent pas ce qu'est un arbre, une feuille, une herbe, le vent de printemps, le galop d'un cheval, le pas des bœufs, l'illumination du ciel. »
J.Giono,Préface aux « Vraies richesses »
Et vous,
où en êtes-vous ?

21 mai 2014 : Il paraît que les jeux de simulation agricoles , avec tracteurs, font fureur : signe évident d'une certaine nostalgie, même si le caractère virtuel du jeu fait que les hommes qui jouent à cela, avec une rapacité totale, pour paraphraser Giono, ne sauront toujours pas ce qu'est un arbre ou une feuille....