retour à la page d'accueil
invention et distance
retour à la page d'accueil retour     » voir les vignettes : invention et distance     » photo : Firenze / n°1 sur 4

   +    ++   D
L’invention, vue comme une pensée déviante, qui s’assume, comme du désordre créateur : c’est l’un des thèmes d’Edgar Morin.
Cette invention fructifie à une double condition :
L’isolement où elle se développe à l’écart des flux majoritaires, comme l’oiseau dans son nid.
L’échange grâce auquel elle se nourrit, et rayonne à son tour, comme l’oiseau encore s’envole.

L’exemple pris par Morin est celui des villes italiennes de la Renaissance : trop proches pour ne pas vouloir rivaliser, trop lointaines pour qu’une même Ecole règne sur toutes à la fois.
Autre exemples, tirés de l’architecture en bois :
à « l’abri» du rideau de fer, Makovecz élabore une architecture très personnelle, dont la justification disparaît aujourd’hui.
Au bord de l’Atlantique, Zanine , à la fois grand voyageur, et profondément au fait des réalités brésiliennes, construit une architecture faisant la synthèse de tout cela, inimitable.

Mon sentiment est que dans le « village global » actuel :
les distances entre les choses sont trop courtes : saturation de modèles venus de toutes parts, lus comme étant des modèles universels même s’ils sont ancrés dans une réalité culturelle : architecture de Kengo Kuma, architectures du Vorarlberg...
et celles entre les hommes trop longues : une simple sonnerie de portable fait basculer votre interlocuteur de l’autre côté du monde.
Trop de proximité, pas assez de présence : l’invention s’étiole …
Pour vos commentaires, vous rendre

ici même