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Du sang, de la sciure, et des larmes.
Le récit « La scierie », ressorti cette année chez Héros-Limite, mais qui a été écrit il y a 60 ans, n’édulcore pas : c’est pas le genre !

Les conditions de travail ont évolué, heureusement, même si c’est de manière inégale. Le label « forêt durable » serait assorti d’un label « scieur durable », ce ne serait quand même pas un mal…
Ce livre reste un témoignage nécessaire sur une période, les « trente glorieuses » qu’avec le recul, on a tendance à enjoliver : voilà donc comment le pays s’est rebâti au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Un autre monde idéalisé : la campagne profonde, est dépeinte là sous un jour bien sombre : plus de jalousies que de solidarité, et une misère noire. L’exode rural des années 60 n'est pas arrivé par hasard.

Le récit de la transformation d’un jeune bourgeois plongé, bien malgré lui, dans cet enfer nous fait assister à un échange de conditions :
Les troncs bruts, lourds et aux mouvements dangereusement imprévisibles, y sont domptés, « griffés », tronçonnés, sciés, réduits enfin en pièces de charpente bons pour être assemblés.
Le narrateur, lui, désassemblé de sa famille, se transforme peu à peu, s’épaissit, se couvre de cals, se hérisse de poings, se blinde de méchanceté.
Le prix à payer pour une évolution de ce métier passant par un éloignement vis-à-vis du matériau, désormais charrié sur un tapis roulant, bousculé puis mordu par des vérins, sous les yeux du scieur, isolé dans sa cabine de verre, paraît bien faible, à la lecture de ce livre.

Mais d’autres voies, heureusement, existent, où l’on se frotte davantage à la matière, sans perdre pour autant son humanité…
Par exemple, ici, ou là .