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le jetable et le réparable
retour à la page d'accueil retour     » voir les vignettes : le jetable et le reparable     » photo : Arles volet / n°1 sur 4

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Tout le monde a eu un grand’père qui savait réparer : la 2CV, le tracteur, la machine à laver, la porte de l’armoire, la bicyclette…
Pour qui, comme moi, ne croit pas à l’immortalité, ni de l’âme, ni du corps, ces résurrections avaient un côté miraculeux, et ouvraient une porte sur l’éternel.
Au-delà, c’est un monde économique qui est sous-jacent à cette pratique de la réparation : un monde où le temps, ce n’est pas de l’argent, un monde où le producteur est le frère aîné de celui qui répare.
Un monde idéal, en un mot.
Aujourd’hui, tout ce qui est vendu est conçu pour ne pas être réparable, ou plutôt, n’est pas réparable pour être vendu sans fin.
Le bois pourrait ajouter à ses qualités propres celle de nous faire redécouvrir le monde du réparable : quand les objets en matière plastique sont détruits irrémédiablement par les UV, les objets métalliques le sont par la rouille, ceux en bois permettent le remplacement partiel ou total , la « rustine », …, avec juste ce léger changement de couleur indiquant la partie remplacée, plus touchante que choquante : la révélation du passage de quelqu’un.

La civilisation japonaise, comme toutes celles basées sur la culture du riz, sait bien que sa survie est liée à l’entretien des rizières : vivre, c’est réparer sans fin, ou mourir.

On y voit ces merveilleuses pastilles de bois sur les poteaux abîmés.
On y voit les légères fleurs de papier, faisant rustines sur les shojis.

Et tel ou tel maître d’Ouvrage vient nous dire qu’il n’a pas de budget pour l’entretien !

Aurons-nous le budget pour acquérir une autre planète ?
Rubrique pas jetable, mais réparable.

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