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ode aux quincailleries
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Le rabot, le ciseau à bois, la bisaigüe, l’équerre, le crayon de charpentier, la scie égoïne posés là dans l’ombre des rayons d’une quincaillerie, deviennent les plus belles choses du monde.

Les outils ne rayonnent pas seulement de leur simple présence, mais des promesses qu’ils recèlent , des possibles qu’ils ouvrent.

Comme le rappelle I.Illich :
« L’homme a besoin d’un outil pour travailler, non d’un outillage qui travaille à sa place »
Ainsi chaque incursion dans la quincaillerie de Muret, défendue par une caissière au chignon imposant, a été pour moi une occasion d’élargir le cheptel, et de rêver à de nouvelles acquisitions.

A Montesquieu-Volvestre, j’allais me fournir en clous et en vis au poids, les versant sur le plateau d’une Robertval, dans un joyeux tintamarre, avant de les fourrer dans un papier journal.

A Toulouse, la quincaillerie Saint Rome ouvrait dans une rue aujourd’hui exclusivement consacrée aux fringues et colifichets, une grotte où tournoyaient, telles des chauve-souris , les serveurs en blouse grise, énervés par l’odeur d’épices et de fromages de la Crèmerie Saint-Rome voisine.
Les « Bricomachin » sans âme, nappés de musique d’ambiance, où les clous sont vendus hors de prix par sachets de 10, ne remplaceront jamais les quincailleries, en puissance de rêve.

« Les gestes utiles ne doivent pas cacher les gestes agréables » (G.Bachelard)