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passage du temps
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En ces temps où le mot durable est sur toutes les lèvres, même si la seule chose qui apparaisse durable sont les inégalités de condition entre les humains, la lecture de "TRACES ET FRAGMENTS DANS L'ESTHETIQUE JAPONAISE", de Murielle HLADIK (Mardaga 2008) ouvre des perspectives selon moi salutaires.
La simple acceptation du passage du temps a fait l'objet d'une page VOYAGES, à Bélesta dans l'Ariège une grange le donne à voir

Le livre de M.Hladik permet de comprendre, à partir de l'exemple japonais, quel bouleversement de pensée est aujourd'hui nécessaire, pour rompre avec ce goût maladif pour les matériaux inaltérables, dont l'usage a rendu la planète si fragile .
Manie ruineuse de s'accrocher à une jeunesse éternelle : le budget annuel "cosmétique" des Américaines est plus élevé que les dépenses mondiales pour l'éducation pour la même année !
Le "Philosopher, c'est apprendre à mourir" de Montaigne n'est pas si éloigné de la notion d'impermanence des Orientaux, que nous ne puissions faire le même pas qu'eux, et faire de cette "notion d'impermanence une valeur positive" : le "sabi" des japonais.

Tout un cheminement depuis les débuts du mouvement moderne en architecture devrait par ailleurs. nous avoir conduit vers l'appréciation d'un "dépouillement qui ne soit pas indigence" : le "wabi" des japonais.

Il ne nous reste qu'à synthétiser tout cela, dans une architecture qui vieillissant, nous apprenne à vieillir.

Vous trouverez en pdf, quelques extraits de l'ouvrage de M.Hladik, qui ne sont là que pour vous donner envie de le lire.
et parlons-en.
c'est le sujet central, et ma contribution est vraiment ici à peine esquissée.
Envoyez là votre avis là-dessus
Une contribution de G.P. :
"D'un côté ces lichens, capables de dissoudre la roche pour se nourrir, pionniers de la lente constitution des sols : l'altération de la roche comme condition de la fertilité. En face, le remède pour ceux (nombreux) qui voient en cela un outrage. Notez au passage le paradoxe que porte la réclame sur le produit miracle ! (voir images en PJ)
Outre leur aspect que l'on souhaite d'être durable (chose à laquelle sont particulièrement sensibles les élus qui eux-mêmes ont le souci de durer), il est aussi demandé aux bâtiments de répondre durablement à leur usage : on s'entoure de "programmistes" tatillons pour cerner au plus près des fonctions, alors que la seule chose programmée c'est l'obsolescence. Il n'y a en ce domaine plus inaltérable que les certitudes.
Accepter l'altération des choses, c'est accepter l'incertitude quant à leur devenir, et l'idée de leur possible transformation. En cela, le bois ouvre des perspectives pour une architecture débarrassée de la charge de l'éternité. Ce qui est empilé ici et maintenant pourra être démonté, et assemblé sous une autre forme, ailleurs (ce qui suppose malgré tout de le faire avec le plus grand soin dès le départ, sans quoi la réutilisation pourrait être compromise).
L'idée d'altération comme transformation me ramène aux lichens occupés à grignoter ce bel arc de pierre."