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Prés de 40 ans après, le même sujet revient à l’épreuve de philo du bac C :
« La science peut-elle répondre à toutes les questions ? » : Bac C, juin 2009 et donc, juin 1970.

Après une jeunesse plongée dans l’admiration inconditionnelle de la science et de ses bienfaits : Jules Verne, la conquête de la lune,…, je réalisais tout à coup, et dans l’urgence, que j’avais fait fausse route, que mes attentes étaient ailleurs, désespérément.
Les Shadoks avaient d’ailleurs insinué en moi le ver du doute, qui détruit les croyances les plus ancrées. (Ne manquez pas le cours sur les passoires!)

J’écrivis en conclusion : « la science répond à toutes les questions, sauf celles que l’on se pose. » : 6/20 !

Le malheur est que, 40 ans plus tard, la science, par le biais des pouvoirs qui nous régentent, ne nous propose aujourd’hui comme questions que celles pour lesquelles elle a une réponse :
« A celui qui possède un marteau, les problèmes ont la forme de clou » (P.Watzlawick)

on pourra voir ici les questions à mettre en face de ces réponses
Voulez vous aller vite et loin, une fois le paysage autour de vous détruit? pas de problème.
Voulez-vous éviter toute fatigue, en fatiguant les ressources terrestres ? pas de problème.
Voulez vous parler à ceux qui sont loin, en oubliant vos proches ? pas de probléme.
Et comme les religions, dont il procède, le scientisme a hélas la vie dure : j’appelle scientisme la croyance que la science a réponse à tout, ou l’aura un jour.
Croyance évidemment aberrante en ce qui concerne ce que les grecs ont appelé « métaphysique », mais aussi aberrante en ce qui concerne les problèmes de la société.
Le scientifique, l’expert, l’économiste, viennent prendre la place du politique, c'est-à-dire de chacun d’entre nous : expulsion du citoyen, d’autant plus troublante qu’il n’a jamais été si instruit.
La version du scientisme abâtardi en technicisme fait des ravages.
C’est cette foi qui fait étrangement confier à la pensée technicienne le soin de réparer les dégâts qu’elle a occasionnés : moyen le plus sûr pour aller de Charybde en Scylla. Pour compenser l’effet de serre, il est ainsi proposé d’ensemencer les océans de fer, de nanofer, même ou, pourquoi pas,ensemencer aussi les nuages !

Actualisation au 19 juin 2011 : on lira en pdf "bricolage planétaire", l'avis du GIEC sur ces délires d'apprenti sorcier.

A propos de semences : C’est le même scientisme qui encourage la mascarade transformant en entreprise humaniste le projet prédateur de Monsanto, (et alii) : s’accaparer le monopole des semences au niveau mondial.

Dans le domaine du bâtiment (nous y voilà enfin !) : sur cette croyance scientiste s’appuie la dramatique mainmise des ingénieurs sur l’architecture.
La débauche de machineries diverses apparues au nom de la soi-disant HQE illustre bien cette dérive.
L’amusant étant que ce pouvoir des ingénieurs ne se double pas d’un réel savoir.
La science tâtonne, rebondissant d’une vérité provisoire à une autre : c’est son droit, c’est même son devoir.C'est son essence même.
K.Popper l’a assez bien décrit, et les chercheurs sont les premiers à le savoir.
Mais le discours scientiste, et techniciste, transforme cette quête insatisfaite en vérités péremptoires.
J’entends ainsi deux thermiciens, deux acousticiens, deux spécialistes des fondations tenir des propos contradictoires, sans hésitation quelconque, s’appuyant sur un savoir supposé.
Je ne leur jetterai pas la pierre : il m’arrive sans doute d’abuser de cette position du technicien, même si je préfère souvent habiller mon argumentation du velours de l’architecte, ou de celui du charpentier, que l’affubler du costard de l’ingénieur, ou de la blouse blanche du savant.
Luigi Nervi indique, à mon sens, la sagesse dans ce domaine : « ne jamais oublier que les faits ne dépendent pas de nos théories, ni de ce que nous croyons savoir, et que nos connaissances, même celles que nous croyons les plus profondes, se limitent à effleurer la véritable substance de tous ces phénomènes » (Savoir construire, Ed. du Linteau,1997)

Cette modestie seule peut permettre de nouveaux rapports, de l’homme avec la nature, des hommes entre eux.

Actualisation au 16 juin 2011 : Voir en pdf, une étude "Scientisme partiel", qui confirme à la fois le scientisme ambiant (continuer à croire que la science va résoudre les grands problèmes de l'humanité, quelle folle naïveté !) , tout en mettant en évidence un manque de confiance envers ceux qui la font. Quand le contraire : faire confiance aux chercheurs, tout en étant conscient que les enjeux sont ailleurs, puisque politiques, serait plus proche de la vérité.