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théâtre d'ombres
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Il y a une magie du théâtre d’ombres, qu'il soit balinais ou chinois

On parle d’ombres, mais c’est de lumière qu’il s’agit.
Les choses y sont évoquées, et non montrées, chacun étant invité à en avoir sa propre lecture.
Les acteurs véritables en sont parfois ceux qui se cachent le mieux.

Le parallèle avec l’architecture, œuvre ouverte, et où la lumière joue un rôle essentiel, est possible.
Et les hommes de l’ombre, les mieux cachés, s’accommodant le plus souvent de cette position, sont les ouvriers des chantiers, et les ingénieurs.
On connaît O.Niemeyer, mais qui connaît Joaquim Cardoso ?
Il faut lire dans "Les courbes du temps" d'O.Niemeyer (Gallimard,1999)l'émouvant portrait qu'il en fait, ou aller ici pour rencontrer le poète, et l'ingénieur.

On connaît L.Kahn, mais qui connaît Komendant ?
Il faut lire "Dix huit années avec Louis I.Kahn" de A.Komendant (Linteau,2006) pour découvrir une autre vision de Kahn et de son oeuvre, aussi décapante et admirative à la fois que le "My architect" de son fils

On connaît R.Piano, mais qui connaît P.Rice ?
Il faut lire "Mémoires d'un ingénieur" de P.Rice (Moniteur,1999)

Ce n’est pas faute, pour ces architectes, d’avoir manifesté leur reconnaissance à ceux qui étaient souvent leurs amis .

L’ombre dans laquelle ils sont restés leur va sans doute trop bien.
«L’éloge de l’ombre» (J.Tanizaki,POF,1986),qui valorise les dents noires des geishas,les laques dans l’obscurité, … concerne peut-être aussi les ingénieurs ?

Tandis que vont guerroyant en plein soleil les samouraïs architectes, ils restent à l'ombre, à savourer les subtiles nuances d’opacité des stores de bambous, ou des shojis de papier, la matité des bois exposés à la pluie, la brillance des lames usées par les pas,…

De cette demi-obscurité, se perçoit mieux la moindre lumière, se capte mieux le passage délicieux et implacable du temps.