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toiles japonaises
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Comment se rendre à Kyoto, en respectant le protocole ? (celui de Kyoto, bien sûr)

A pied, en bateau à voile, … ou par le livre :

« Kyoto »(Poche) de Kawabata, nous emmène au bord des rivières où les femmes polissent les troncs, au sable fin.
« Collection de sable » (Seuil,1996), d’Italo Calvino , énonce les 1716 points de vue, depuis les 1716 pas que l’on fait en parcourant le jardin de la Villa Katsura, et s’interroge sur ce qui rend éternel cette si fragile architecture.

On peut aussi accéder directement à l’intérieur des maisons, en poussant le rideau de toile. on est à Takayama

Mais c’est d’autres toiles que je veux parler ici.
Celles des paravents,bien sûr, où se peignent, des siècles durant, les aventures du « Genji Monogatari » (Diane de Selliers, 2007) , mais surtout, les toiles des écrans de cinéma.

Kenji Mizoguchi est fils de charpentier : de là une attention permanente aux lieux ?
Il étudie la peinture sur tissus : ses films ne seront rien d’autre que des peintures mouvantes, sur écran : peinture de la condition des femmes en particulier.
« La vie de O’Haru, femme galante » , situé au XVII ème siècle, nous fait passer, au gré des heurs et malheurs de l’héroïne, du temple au palais impérial, de la minka, chaumière paysanne , au magasin d’éventaisl (autres toiles peintes), enfin du quartier des geishas à la villa Katsura.
Au-delà des différents registres, liés à une société fortement hiérarchisée, il ressort un puissant sentiment d’unité dans l’architecture japonaise telle qu’on la voit ici :
Les proportions des édifices, les ambiances lumineuses, les jeux des ombres sur les shojis, les contrastes des matières ( bois poli, terre, paille,…) forment un décor somptueux, et vivant.
Les shojis, en coulissant, les stores fins, en masquant légèrement, les paravents, en s’interposant, participent à l’action.
Chaque lieu en dit long sur le destin de la malheureuse O’Haru et sur l’atroce condition des femmes japonaises, jusqu’aux ruines de la fin, qui sont une métaphore hurlante.

Ruines qui hantent d’autres films, comme « Les contes de la lune vague » : maison du fantôme, village incendié ,…

Mais il faudrait parler de tous les films de Mizoguchi, de ceux de Kurosawa, d’Ozu, de Naruse …